Vernissage de l'exposition de Monique Chapot et Henri Chapot
en présence de Mick Michel

L'un est un ancien journaliste, l'autre est une poétesse et aquarelliste à part entière. Tous les deux ont la passion des mots. De ceux qui font chanter la vie ou fondre le gris des nuits. Jusqu'au 2 septembre, à deux voix et quatre mains, ils

Mots à maux en duo

TEXTES ET PHOTOS PAR NADINE PERRONNET (le Progrès 27/08/2001)

croquent des moments d'émotion et récitent des prières d'amour. Portraits croisés.

Henri Chapot, la passion des collages
De ses talents de journaliste sportif aujourd'hui en retraite, Henri Chapot a gardé le goût du mot et de la chose dite. La poésie s'empare alors de sa paire de ciseaux, de son cutter et des feuilles de papier qu'il récupére ça et là. II croque l'oiseau, un coin de ciel bleu, une nef d'église et même des chats qui s'installent entre les lignes et rythment les vers. Il part de rien et va nulle part, se laissant guider par le clic-clac de la lame ou la couleur qui étincelle.
Il s'enivre de mots délicatement écrits à la plume, il recrée son enfance par petits bouts de papier interposés. Son art est multiple et s'associe de façon subtile mais stimulante aux maux non-dit de Monique Clavaud. Ils fusionnent, amenant le visiteur, à entrer dans leurs, vies. pour pouvoir mieux s'en sortir.,

Portés par le découpage, les mots s'entrelacent et s'enroulent autour
des arbres.


Je de maux de Monique Clavaud

« 0n n'a jamais les mots qu'il faut:.. » pour exprimer la vie et ses bobos, pour rendre grâce au Roi des Âmes, celui qui dans le coeur de cette artiste, tient la plus grande place. Dès les premiers poèmes auréolés d'aquarelle, on ressent le Très-Haut, « signe d'or et de parois », qui parsème chaque vers, chaque touche de lumière.
C'est un long chant d'espoir, un vibrant message d'amour à la nature et à celui qui fa faite. Toujours à la recherche de la vérité, de sa Vérité, Monique Clavaud, à travers ses strophes calligraphiées à l'encre pure, cherche sa guérison, un moyen de refermer ses blessures. Mais depuis sa dernière exposition à la Maison de Pays, il y a trois ans, une autre voie s'est ouverte. Celle des villes en délire qu'elle détruit et reconstruit au gré de son coeur.


Lyon ou Venise, de canaux en cathédrales, se mirent dans une eau invisible et s'élancent, elles-aussi, vers Celui qui réparerait le chaos originel. Et c'est l'apocalypse vue par la fontaine aux chevaux de Bartholdi, avec en filigrane, un Petit Prince qui demanderait à 'l'homme « dis, dessine-moi un monde meilleurs» ; et Jupiter, Dieu entre les Dieux, qui redistribuerait les cartes de la vie. Toujours organiste et fidèle aux chants grégoriens, certaines des oeuvres de Monique Clavaud s'inscrivent encore sur une portée, agrémentée de notes cristallines ou badines, car humour et sensualité ne font pas défaut. Trois ans déjà que, pour la première fois, elle exposait sa vie au regard des autres. Et aujourd'hui, mendiante de l'amour et de la Foi cheminant sur les chemins de Compostelle elle se dirige sereinement vers la cour des Grands.

« Marche vite et donne le seul mot que le Monde éperdument attend: Amour.»