Sidonie Elokan
 

Journal "Le Progrès "

 

La mode selon Elokan

Sidonie Elokan n'est qu'un petit bout de femme, magicienne à la peau noire,  dont les créations s'impriment d'or et de bleu lagon.
Pour deux semaines, la Maison de Pays lui ouvre ses portes et prend des couleurs venues d'ailleurs.
 
PISTACHE, vanille, caramel, citron vert, alizé ou tournesol... Non, ce ne sont pas des parfums de glaces, mais un bouquet de robes, corsages, pantalons ou jupes eh lin vert, en organza araignée ou en voile de soie, suspendus aux cintres du caveau. Sidonie, au milieu de ses créations, d'un mouvement d'épaule, s'anime et raconte l'histoire du tissu, du modèle, du mannequin, très peu d'elle-même.
Pourtant, après avoir fait ses classes de couture à l'école Georges de Lyon, elle prend très vite le parti d'être différente. Et d'expositions en défilés, ses carnets de commande se remplissent. Elle habille les théâtres ou l'Opéra de Lyon, réalise les costumes des danseurs de la Biennale d'Art Contemporain ou ceux de la Route de la Soie, elle s'investit dans le spectacle des roues des Champs Elysées du 31 décembre 1999, et crée même sa propre marque de vêtements féminins, pour femmes rondes, pour femmes de tous âges. Le coton, la soie ou la viscose épousent les formes, donnant à chacune une élégance plurielle.


"Chacun est son propre mannequin"



L'asymétrie à laquelle elle tient beaucoup donne à ses créations un trait distinctif, et reflète l'image qu'elle a du monde dans lequel elle vit. Symbole des différences de chacun, elle rend uniques toutes les femmes qu'elle côtoie, s'inspirant de la rue, et trouvant, dans chaque être rencontré, le beauté naturelle qui en ressort. Dans son petit atelier lyonnais, elle fourmille d'idées, novatrices, non conventionnelles, et de ses doigts de fée camerounaise, elle façonne des modèles qui viendront enrichir les deux boutiques qui lui font aujourd'hui confiance. L'une est à Dieulefit, l'autre à Saint-Emilion.

Et si, pendant un temps, sa mode s'est voulue africaine, un peu zoulou, un peu afro, désormais, loin de jeter les boubous de la tradition aux orties, elle affirme dans un style épuré bien à elle (et dans des prix plus que raisonnables !) une mode façon Elokan, qui lui ouvre la voie royale des grands créateurs du 3éme millénaire.



NADINE PERRONNET
 

Après avoir fait ses classes de couture à l'école Georges de Lyon,
Sidonie Elokan prend très vite le parti d'être différente.
Et d'expositions en défilés, ses carnets de commande se remplissent.