TEXTES ET PHOTOS PAR NADINE PERRONNET (le Progrès 7/10/2001)
| Il se dit un peu flemmard, ce peintre croix-roussien, ne peignant que dans l'instantané et en aquarelle, des nus ou des paysages croqués à pleines dents. Pourtant, si la plupart de ses fusains et toiles laissent transparaître un peu de ce penchant naturel pour le dilettantisme, quelques huiles augurent du contraire. Travaillées au plus juste, elles donnent à la nudité féminine un autre jour, celui de la profondeur et de la lumière qui épousent les courbes et remplissent les triangles d'or. Alanguies et offertes, sur le dos, assoupies ou renfermées sur elles-mêmes, telles des coquilles qui ne demandent qu'à s'ouvrir, les femmes de Gérard Maubon s'offrent aux regards, pudiques et consentantes. Et loin de n'être que des voyeurs pornographes, les visiteurs rêvent à s'attarder sur l'arrondi d'un sein ou la toison d'un pubis. La chair est là, artistique, huilée, crayonnée. N'hésitez d'ailleurs pas à vous aventurer dans les cartons à dessins et cherchez y les influences multiples que l'artiste à accumulées tour à tour de ces chemins de voyage. D'Afrique en Bolivie, d'Amérique du Sud aux Etats-Unis, de la Croix-Rousse à Saint-Laurent-d'Agny, du Salon des Arts d'Automne au festival de Bagnols, il a rapporté ces petits riens qui rendent indéfinissables les couleurs ou les regards.Fractionnant ses accidents de parcours et englobant son métier de tapissier décorateur, il voit, dit-il, la vie autrement. Tout comme a changé sa manière de décorer les appartements qui lui sont confiés. Avec plus d'humanité, avec plus de vie et d'envie de mordre dedans. « J'aime tout ce qui est vivant et c'est tout naturellement que la peinture est venue mhabiter », confie-t-il. On peut en être certain tellement son oeuvre est remplie d'amour. | ![]() Gérard Maubon : j'aime tout ce qui est vivant et c'est tout naturellement que la peinture est venue m'habiter ». |
Loin des nues filiformes et androgynes, Gérard Maubon rend
à la femme tous les charmes de la rondeur et de l'appétence.
Jusqu'au 14 octobre, le peintre lyonnais accroche
ses aquarelles à la Maison de pays et donne aux visiteurs
l'envie de se mettre à nu. |