DOMINIONI

L'art n'a qu'un seul nom : liberté
LE PROGRES 27/05/2002

Profession peintre, réclame haut et fort Jacques Dominioni. Pourtant, c'est au conteur de couleurs que la Maison de Pays a prêté ses cimaises et, entre réel et abstrait, laissez-vous interpeller par les immenses toiles anonymes que l'artiste chouan a accrochées. Profondément humaines, elles embrasent le regard et laissent glisser dans le coeur des visiteurs les bonheurs qu'il a eu à les peindre.

 

 

Les mots sont rares dans la bouche de Jacques Dominioni et c'est Louis-Marie, le voisin de pâtures vendéennes qui fait le trait d'union, le trait de sillon entre les tableaux et le peintre, entre la vie d'aujourd'hui et celle d'hier: Une vie d'hier commencée dans les années 50 à 70 où installé à Nice et initié par les plus grands artistes de l'époque, Jacques va travailler d'arrache-pied et créer une foultitude de toiles, toutes acceptées voire encensées par la critique.
Les acheteurs et les galeristes italiens pour la plupart, le pressent tant et tant qu'un beau jour, le pinceau coincé au bout du bras, refuse de continuer. II quitte les beaux quartiers de la Côte d'Azur et s'exile en Vendée, pour un nouveau départ.
Le figuratif d'avant laisse alors la place aux formes et aux couleurs qui s'enchevêtrent, s'interpellent, se complètent, luttent dans d'imposants corps à corps avant de s'embrasser. Elles expriment tous les doutes de l'homme et de l'artiste.

Profession : peintre

A ce moment-là du commentaire amical de Louis-Marie, Jacques Dominioni, prend la parole et par lambeaux, il raconte son métier de peintre. «Je fais un métier de 6h du matin jusqu'à 2 heures de l'agrès-midi. Je peins et je fais des gammes dans mon atelier. N'allez pas croire que je m'amuse dans un agréable passe-temps ! Il m'a fallu trente ans pour en arriver où j'en suis actuellement et si je ne sais toujours pas expliquer pourquoi les jaunes, les verts ou les ocres élisent domicile sur mes toiles, aujourd'hui mieux que demain, je sais pourquoi mes toiles se métamorphosent. Elles m'aident à oublier les douleurs, les peurs, les angoisses et parfois certaines d'entre elles restent inachevées, un temps. Celui qu'il faut pour que le regard s'accroche de nouveau, peut-être juste au moment où l'on ferme la lumière pour aller se coucher... »,
L'homme devient disert et rare. Il explique, il commente la liberté de peindre ce que l'on veut, quand on veut, où l'on veut. Et il cherche des territoires plus grands pour des toiles encore plus grandes invitant les visiteurs et les futurs acheteurs à venir s'imprégner des huiles et des essences dans son atelier vendéen. Passionnant, l'homme, tout comme le sont ses oeuvres accrochées à la Maison des Pays et qu'il a fallu trier avant de se décider à les faire migrer de l'ouest à l'est Bien sur comme tous les artistes. Jacques Dominioni  à une histoire et il aime à redire qu'il n'est pas né de rien et que tous  les peintres ou sculpteurs qu'il a côtoyés lui ont laissé, en héritage, une partie de leur vie et de leur talent. Mais auhourd'hui, il est libre, Jacque.

NADINE PERRONNET