TOLLOÏE 

Calme et volupté pour une étoile filante
LE PROGRES 5/05/2002

Il est libre, Tolooïe, libre comme l'étoile filante dont il tire son nom d'artiste, libre de naviguer entre le flou et le précis pour de vigoureuses et colorées aquarelles. Petit tour des cimaises de la Maison de Pays.

 

 

Est-ce dans sa Perse natale que Louis Toffoli a puisé les rêveries et les cascades de couleurs qui inondent ses toiles donnant aux femmes, sorties de nulle part, un charme incomparable? Ou est-ce, caché derrière son pseudonyme de Tolooïe, "l'étoile filante", qu'il se révèle traquant dans le corps des autres sa propre intériorité? Avec pour images Rembrandt, Werneer ou Zao Wouki, l'artiste bressan installe également dans ses toiles, la musique, compagne récurrente de toute sa vie. Ses musiciens qu'ils soient pianiste ou trompettiste; jazzman ou chef d'orchestre deviennent alors sources de lumière et irradient les toiles.
        II joue de son pinceau comme le ferait un flûtiste de son bec, avec légèreté, souffle et sensibilité et la peinture devient alors sa gamme et s'envolent les notes de couleurs sur la partition. Car, comment pourrait-il dissocier l'une de l'autre, si intimement liées, sans déshabiller l'une pour se laisser envahir par l'autre? Tout sa vie d'artiste n'est que mélange et partage, rythme, calme et volupté. Entre femmes au regard craintif ou nus déshabillés par ses sens, entre liberté de voir, de sentir et d'écrire, il cherche constamment son équilibre, a mi-chemin entre le flou et le précis, entre le figuratif et l'onirisme. Parfois, naïvement, il dessine un décor mais se lance à lui-même des défis, faire plus grand, plus fou, plus infini... Et on voudrait le voir galopant sur les nuages des rêves tout en voulant maîtriser le cheval sauvage qu'il essaie de monter. Reste à savoir désormais où ses pinceaux le mèneront.  
NADINE PERRONNET