Gérard VALIN

Y'a pas photo
LE PROGRES et L'ESSOR 19/10/2002

Que l'on ne s'y trombe pas. Si les oeuvres de Gérard Valin peuvent laisser croire, qu'elles sont photographiques, il n'en n'est rien. En effet, c'est au crayon noir qu'il travaille, avec minutie et dégradés, clairs obscurs et ombres portées. Pour la première fois, la Maison de Pays accueille cette forme d'art et ce très rare dessinateur distingué par une troisième place au très sélect concours Goury-Laffont.

L'ESSOR :Le dimanche 6 octobre 2002 à 11h il régnait une intense agitation à la Maison dé Pays avec la double attraction de l'exposition de peinture au 1er étage, ou plutôt de dessin au crayon de l'artiste Clermontois Gérard Vallin dont les oeuvres sont réalisées au crayon à papier noir ou encore au polychrome gras (20% de cire dans la mine). L'artiste s'est intéressé aux formes et aux expressions du corps humain, principalement féminin, travaillant selon une méthode de dégradé du sombre vers le clair, ce qui permet de mettre les rondeurs en valeur : exercice délicat qui nécessite une souplesse du poignet et, donc un certain échauffement selon la difficulté du dessin à exécuter.
Pour tout renseignement l'artiste dessinateur peut être contacté au 04.73.25.97.82.                                                                                (Joël de Rouville)

 Le PROGRES : GÉRARD VALIN, quoique amateur et complètement autodidacte, est l'un des rares artistes à être doué à un point tel du sens de la ligne, de l'estompé et des valeurs que ses oeuvres, criantes de vérité, donnent l'impression d'être un trompe l'oeil en noir et blanc. Pour réussir un tour pareil, il ne faut pas seulement sentir le modèle, mais aussi être en mesure de le restituer sobrement, fidèlement en lui ajoutant, entre ombres et lumières, une dose de poésie et de rêve.
C'est pourtant bien par une séance de pose que le "travail" commence, des séances qui peuvent durer de cinq à six heures afin de trouver le bon éclairage et les détails, si infimes soient-ils, qui vont impressionner le film. Et si les tableaux exposés à la Maison de Pays sont principalement des nus féminins, ses modèles sont également des hommes de la terre ou de la musique. Puis, quand la photo est bonne, l'oeuvre créatrice proprement dite peut commencer. Entre alors en scène, et uniquement, un crayon noir 2B, outil qui n'a pas la mine trop grasse, mais qui permet d'obtenir des dégradés,
allant du blanc cassé, en passant par le gris plus soutenu jusqu'à arriver au noir profond. Et surgissent alors après parfois de très longues heures d'un fastidieux crayonnage, des dentelles, des zips ou des piqûres, des voiles, des toiles et des cuirs, des foulards négligemment jetés pour cacher des seins qu'on ne saurait voir parant d'une pudique poésie tous ces corps de femmes.

Un artiste reconnu par ses pairs

En s'octroyant en juin dernier, le 3e prix au concours Goury-Laffont prisé par plus de cinq cents concurrents, Gérard Valin, qui n'a pas plus d'une douzaine d'années d'expériences artistiques, ne fait qu'accroître une renommée mondialement reconnue, que ce soit au Canada où il a participé en tant qu'illustrateur qu'au sommet mondial de la francophonie ou dans des grandes villes françaises. Primé quinze fois l'an passé, il accepte, avec humilité et fierté les critiques élogieuses des jurys qui avouent n'avoir jamais rencontré un artiste jouant si bien avec la lumière à la façon d'un photographe. C'est au salon de Saint-Florent-sur-Cher que l'équipe de la Maison de Pays l'a remarqué. Sa persévérance dans la minutie de ses dessins, la poésie qu'il sait ajouter à des images monochromes, la perfection de ses oeuvres absolument abouties, a subjugué Monique Campigli au point de lui laisser, pour trois semaines, le premier étage de la maison mornantaise.
Quant à ses modèles, Julie, Marina, Nathalie, Céline ou Alexandrine, toutes filles de ses   collègues de travail "pneumatique" à Clermont-Ferrand, elles ne peuvent que le plébisciter. Et peut-être que dans quelques années, quand son désir de sculpture aura pris l'ascendant sur le crayon noir, deviendront-elles les premiers bronzes à être coulé.

                NADINE PERRONNET

A la cire ou au crayons noirs et polychromes, les oeuvres de Gérard Valin sont de véritables clins d'mil à la photographie d'art.