Mornant  hier et aujourd'hui

Les racines du passé pour imaginer l'avenir

Remonter le fil du temps, non pas par nostalgie ou pour retrouver sa jeunesse, mais pour voir comment la vie évolue inexorablement et quel pourrait être le visage du Mornant de demain, telle est l'ambition des Amis du Vieux Mornant qui affichent, jusqu'au 21 septembre, des images... d'hier et d'aujourd'hui.

C'est sous la férule de François Zacharie et avec l'aide informatique d'Antoine Dumas que les Amis du Vieux Mornant présidés par Claude Perrouin ont collecté jour après jour de multiples témoignages du passé et qu'ils ont décidé de les mettre en comparaison avec ceux d'aujourd'hui.
Ainsi, on revoit la cité de Carémi sans l'électricité, sans l'essence ou le moteur à explosion. On côtoie les anciens conseillers municipaux, se rappelant les premières voiries, les routes Napoléoniennes, l'eau qui arrive sur l'évier grâce au robinet où les premiers immeubles qui s'érigent changeant la physionomie villageoise. Chacun commente à sa manière, vantant les mérites d'hier ou d'aujourd'hui. Même Marianne, retrouvée dans le grenier de la mairie, a trouvé sa place. Les objets ménagers alimentent les conversations tout autant que les témoignages des guerres et des élans de solidarité qui ont fleuri après la libération.
L'Amicale des sapeurs-pompiers présente également son activité depuis un siècle. Et puis là, dans une vitrine, un amoureux des miniatures a reconstitué des charrettes à ânes, une batteuse, une locomobile, des tracteurs ou des chars à foin, le tout avec des matériaux de récupération. Une moisson du coeur pour ainsi dire.
                                                    
  Imaginer demain
Alors, certes, les choses ont évolué, comme le rappelait Guy Palluy lors de l'inauguration, et cette exposition c'est un peu un regard en arrière pour ceux qui ont connu le Mornant d'avant mais c'est aussi un aperçu de ce que pourrait être la cité demain. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder l'évolution de la place de la Liberté au coeur des débats actuels. Elle a existé avec et sans voitures, sans fontaines et sans arbres. Les contraintes d'aujourd'hui font qu'elle doit encore se transformer. Les témoignages du passé peuvent servir à la faire la plus parfaite possible, renchérissait le premier magistrat de la commune. Quant à Paul Delorme, conseiller général et ancien maire, il soulignait que cette exposition permettait de retrouver sa jeunesse et les personnes qui ont marqué l'enfance et l'adolescence. « En un siècle, des métiers ont disparu, surtout ceux liés à la terre et à la vie agricole mais il ne faut pas sombrer dans le passé comme notion idéale. Il faut imaginer l'avenir. » Et de rappeler qu'à Mornant, depuis 1960, trois habitants sur quatre viennent d'un ailleurs ou hier était différent. Qu'en 1860, la cité comptait 2 200 âmes et qu'en 1940, elle en avait perdu 600. Aujourd'hui, forte de 5 100 citoyens, la ville peut se construire avec les affinités de tous. Et si les générations actuelles peuvent se rendre compte de ce qu'était la vie avant, elles n'en seront que plus fortes pour imaginer un village où il fera bon vivre demain.       

 Nadine Perronnet

Une petite épicerie comme on en fait presque plus, reconstituée
grâce à l'Herminette qui a prêté le mobilier. Mme Jury, représentant
le député Fenech aux cotés des élus mornantais
et des Amis du Vieux Mornant.

L'épicerie reconstituée