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Henriette Morel avait à peine vingt ans
quand elle commence à accrocher ses toiles aux cimaises du Salon d'automne
puis du Salon du Sud-Est. Née en 1883, elle gravite dans l'ombre de
Combet-Descombes et peu de Lyonnais ont connu cette artiste qui excella dans
les bouquets, portraits et nus magnifiques. Sa sensibilité, son
indépendance, son modernisme si les tabous qui s'exprimaient à l'époque sur
des tableaux de nus la mirent un peu en exergue et il aura fallu attendre
cette année et la volonté de Monique Campigli, Michelle Pécontal et l'équipe
de la Maison de Pays pour rétablir cet oubli (lire aussi ci-contre). Une
exposition de prestige Après Truphétnus. .Nicolas Sicart, Combet-Descombes,
Morillon, Calaferte, Henry Vieilly, ou encore Guiguet, la Maison de Pays
continue dans l'exploration de l'école lyonnaise de peinture. Depuis 17 ans,
la belle Maison mornantaise affiche fièrement sa volonté de faire revivre
les artistes locaux voire de les accueillir de leur vivant. Il faut à chaque
fois jouer les détectives, comme le souligne Alain Meyer, pour retrouver les
oeuvres auprès des galiéristes, des collectionneurs, des spécialistes de la
peinture lyonnaise et créer un livret-catalogue qui retrace la vie de
l'artiste.
Le Progrès dimanche 16 mai 2004 |
Pourquoi Henriette Morel à Mornant?
Depuis 17 ans, seules deux femmes, la Mornantaise Jeanne
Bardey et la pastelliste parisienne Amélie Suger, avaient été présentées à
La Maison de Pays. D'où l'idée, très féministe, de Monique et Michelle, de
proposer les oeuvres d'Henriette Motel, née à Villeurbanne le 1er décembre
1883 et décédée en 1956. Le plus difficile restait à faire: retrouver la
trace de cette artiste lyonnaise au dessin sûr et léger. Devenues rats de
bibliothèques et d'archives, les deux chevilles ouvrières mornantaises ont
reconstitué le parcours du peintre, couru les galeries et proposent donc,
jusqu'au 13 juin, 48 toiles datées de 1912 à 1954. |